Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle, à Vierzon (Cher), mardi.

«Comme nous avons parlé de la Révolution, quelques bourgeois alanguis ont fini par s’en rendre compte. Et voici que Madame Parisot dit : “Jean-Luc Mélenchon aime à laisser entendre qu’il est un vrai révolutionnaire.” Non, je ne le laisse pas entendre, je le suis. Et voici qu’elle poursuit : “On aime bien la révolution. (…) Il y a des choses sympathiques dans celle de mai 1968 ou de 1789.” C’est vrai. En mai 1968, il a fallu que vous avaliez de force la reconnaissance de la section syndicale dans l’entreprise dont vous ne vouliez pas avant. On s’y est mis à dix millions. (…) Inspirés par sainte Pétoche, en une nuit, vous avez lâché 31 % d’augmentation du Smic. Des choses bien sympathiques dans la Révolution de 1789 ? Je fais une suggestion : la nuit du 4 août, l’abolition des privilèges. (…) Elle dit encore : “Je trouve que Mélenchon est beaucoup plus l’héritier d’une forme de terreur que l’héritier des plus belles valeurs de la Révolution.” Pour l’avenir du pays, la terreur, Madame, ce n’est pas moi. La terreur, c’est vous qui faites que, chaque jour, des milliers de gens dans ce pays se lèvent la peur au ventre en se demandant ce qui va se passer au travail et s’ils vont le garder. (…) C’est vous tous qui ne faites rien alors que, chaque année, meurent 564 personnes du fait d’un accident du travail. Tous les deux jours, trois personnes. (…) Est-ce une fatalité ? Non, c’est parce que vous avez abandonné les règles de sécurité. C’est parce que vous avez supprimé les postes d’inspecteurs du travail. Voilà pourquoi il y a ces abus. (…) C’est vous qui avez multiplié l’intérim, avec lequel les salariés connaissent beaucoup plus d’accidents qu’avec n’importe quelle autre condition d’embauche. C’est vous qui multipliez la présence de jeunes apprentis dans des entreprises qui ne sont pas des écoles. (…) Ils sont plus que d’autres victimes d’accidents du travail. Chaque année, il se perd ainsi 48 millions de journées de travail, l’équivalent d’une entreprise de 130 000 salariés. Et les débris de vie humaine. Qui fait le calcul du coût du malheur ? Puisque vous êtes tout le temps à chipoter le coût du bonheur qui n’est pas si exagéré. C’est 1 700 euros par mois. Vous nous répondez que c’est trop, mais alors dites-nous comment vivre autrement. Baissez le prix des loyers, du gaz, de l’électricité. Baissez le prix de tout, alors on renoncera, mais pas avant.»

Jean-Luc Mélenchon